Le compte de résultat dit si l'entreprise gagne de l'argent. Le plan de trésorerie dit si elle en aura sur son compte le mois prochain. Pour une petite entreprise, la deuxième question est souvent la plus vitale : on peut être rentable et déposer le bilan faute de liquidités.
Étape 1 : choisir l'horizon et la période
Pour une TPE ou une PME, un plan mensuel sur 12 mois est la base. Si la trésorerie est tendue, passez à un suivi hebdomadaire sur les 8 à 13 prochaines semaines. Le bon niveau de détail est celui qui vous permet de voir arriver une difficulté avant qu'elle n'arrive.
Étape 2 : lister les encaissements
On note l'argent à la date où il arrive réellement sur le compte, pas à la date de la facture. C'est la règle d'or du plan de trésorerie.
- Ventes encaissées, en appliquant les délais de paiement réels de vos clients (pas ceux de vos conditions générales) ;
- apports, emprunts, subventions ;
- remboursements de TVA, autres rentrées exceptionnelles.
Étape 3 : lister les décaissements
- Achats et fournisseurs, selon vos délais de paiement réels ;
- salaires et charges sociales, aux dates d'échéance ;
- loyers, assurances, abonnements, énergie ;
- TVA à reverser, impôts, échéances d'emprunt ;
- investissements prévus et rémunération du dirigeant.
Attention aux montants TTC : la trésorerie se raisonne toutes taxes comprises, avec la TVA collectée et reversée à part.
Étape 4 : calculer le solde mois par mois
Trésorerie de fin de mois = trésorerie de début de mois + encaissements − décaissements. Le solde de fin de mois devient le solde de départ du mois suivant. En quelques lignes, vous voyez apparaître les mois critiques.
Étape 5 : fixer un seuil d'alerte
Définissez le montant minimum en dessous duquel vous ne voulez pas descendre : un mois de charges fixes, par exemple. Dès que le plan prévoit un passage sous ce seuil, vous avez le temps d'agir : relancer les clients, négocier un étalement, décaler un investissement, solliciter la banque avec des chiffres solides.
Étape 6 : comparer, corriger, recommencer
Un plan de trésorerie qu'on ne met pas à jour ne sert à rien. Chaque mois, comparez le prévu et le réalisé, comprenez les écarts et ajustez les mois suivants. Construisez aussi deux scénarios : un réaliste et un pessimiste. C'est le pessimiste qui vous protège.
Les erreurs les plus fréquentes
- Confondre chiffre d'affaires facturé et argent encaissé ;
- oublier les échéances trimestrielles ou annuelles (assurances, régularisations, impôts) ;
- sous-estimer les délais de paiement des clients ;
- construire le plan une fois, pour la banque, puis l'oublier dans un tiroir.
Un bon plan de trésorerie ne prédit pas l'avenir. Il vous donne le temps de le préparer.
Pour comprendre pourquoi la trésorerie baisse même quand l'activité progresse, lisez le BFR expliqué simplement.